Road Trip Turquie, les portes de l'Asie


La Turquie, pays immense faisant le lien entre l’Europe et le Moyen Orient. Nous sommes restés un mois et demi ici, c’est dire si nous avons aimé! Ce pays est un fabuleux mélange de beautés naturelles, de vestiges antiques, d’architecture remarquable, et d’habitants conviviaux. Pour relater au mieux notre expérience de la Turquie, nous avons choisi de regrouper par thème ce que nous avons vu et non de manière chronologique. Il y a tant à voir, nous y retournerons avec plaisir pour explorer la moitié Nord et le sud Est, que nous n’avons pas visité. 

Les villes

Comme vous le savez surement, les villes ne sont généralement pas ce que l’on préfère, mais selon les guides touristiques elles sont souvent des incontournables. L'ancienne capitale turque, Istanbul, nous faisait de l’œil, son passé évocateur Byzance, Constantinople… nous nous sommes laissés tentés. Istanbul compte environ 15 millions d’habitants, autant dire que ça fourmille dans tous les sens. Nous avons arpenté des petites rues pavées aux façades typiques, avant d’arriver sur l’esplanade comprenant la grande mosquée bleue et la mosquée/cathédrale Sainte Sophie. C’est très touristique et sous bonne garde de nombreux militaires. En premier lieu, cap sur la mosquée bleue, Marie revêt un foulard disponible à l’entrée, et nous faisons la queue. Le bâtiment est actuellement en restauration, pour autant sa splendeur d’antan reste palpable, c’est la première mosquée que l’on visite, et nous savons déjà que c’est le début d’une longue série, étant donné la suite de notre parcours.  De la cour intérieure, nous passons aux couloirs menant à la pièce centrale, en ayant au préalable ôtés ses chaussures. (Fun fact: par conséquent, ça pue des pieds!) La pièce principale est sous la coupole de la mosquée, le volume ne manque pas, les tapis non plus, malheureusement l’éclairage aux néons ne rend pas justice aux jolis carreaux décorés d’arabesques bleues. Cette lumière blafarde et la foule nous vole un peu d’enchantement, nous ressortons rejoindre Sainte Sophie, toute proche. 

  

L’architecture extérieure de Sainte Sophie, église devenue mosquée, puis musée, illustre assez bien l’histoire complexe du bâtiment. En effet, en plus des différentes affectations successives selon la religion ou l’usage, Sainte Sophie a aussi enduré des catastrophes naturelles qui l’ont ébranlé plus d’une fois et des émeutes menant à des incendies. L’édifice datant du VIème a été restauré, remanié, réhabilité et agrandi maintes fois. Des annexes ont été accolées par ci, par-là, par conséquent vous pouvez voir un ensemble monumental, avec différentes touches de style et de couleurs. L’histoire de ce monument est à faire pâlir, riche et rocambolesque, Sainte Sophie est un lieu vénérable.
Nous choisissons de ne pas visiter le musée, je ne sais plus exactement pour quelle raison, certainement la foule et le tarif. On se garde dans un coin de la tête qu’Istanbul fera une très belle escapade pour un week-end rallongé depuis la France.

Nous visiterons cependant la citerne basilique, édifice également du VIème, sombre, mais pas moins impressionnant du fait de son grand âge, de son ingéniosité et de son état de conservation impeccable! Nous pousserons notre balade jusqu’au grand bazar, très beau avec ses allées en pierres, il est à l’image de la ville, une vraie fourmilière!

Parmi les villes turques, nous avons fait un saut à Antalya, un nom évocateur de chaleur et de plage.  La ville jouit d’une très belle promenade en bord de mer, nous profiterons de la mer, l’eau est fraîche mais c’est tellement bon de se baigner! Nous tenterons d’approcher du centre-ville, mais la circulation compliquée et les rues sinueuses auront usés notre patience, nous repartirons plus loin, au calme.

 

Au nord-est, dans les montagnes, nous sommes passés par Erzurum pour récupérer nos visas iraniens, la ville nous a semblé très jeune et dynamique, on sent la volonté du gouvernement turc de marquer son territoire dans cette partie du pays en y développant l’activité et les infrastructures. Auparavant, Erzurum faisait partie de l’Arménie, cette région se nomme d’ailleurs Anatolie orientale ou Arménie occidentale, question de point de vue… Un soir nous trouvons un spot idéal, éloigné de la ville, au bord d’un lac, quelques maisons, et un parking, on s’installe, on se dit que l’on va être tranquille, on se glisse au chaud sous la couette, prêt à regarder un film. Mais on entend des coups de sifflets, on sort, des policiers nous demandent de partir et de dormir en ville parce que c’est "dangereux" ici…😒 On reprend la route pour la ville, et on passera une nuit agitée en pleine zone industrielle, entre deux carcasses de voitures. Cependant, aucun flic ne viendra nous déranger. La dangerosité du bivouac où nous étions était très relative…

Les sites antiques

Depuis notre entrée en terres turques, nous voulions voir de l’antique! Nous avions hâte de visiter Ephese. Du fait de notre traversée de la Grèce par le nord, nous n’avons pas vu les célèbres vestiges du Péloponnèse. Mais la Turquie n’est pas en reste, loin de là! Ephese, ville antique grecque datant du IVe avant au IIe après JC, est un lieu magique! Un vrai saut dans le passé, nous étions les premiers arrivés sur le site. Voir la brume se lever doucement en dévoilant les vestiges, avec le soleil apparaissant doucement dans cette quiétude matinale, ce fut un vrai délice. Nous avons déambulé plusieurs heures dans la ville, grimpés les gradins des théâtres, longé les colonnades des agoras et fait preuve d’imagination pour se figurer la vie quotidienne de l’époque. Ce fut incontestablement un moment fort de notre voyage.😍

  

Par hasard, nous apprenons qu’un autre théâtre grec est encore mieux conservé à Aspendos, en effet le monument est magnifique. Lors de notre arrivée quelques personnes d’un groupe de touristes asiatique poussent la chansonnette, on constate que l’acoustique est toujours impeccable. On déambule dans les arcades surplombant les gradins, on admire le volume du mur de scène, et Marie fait des comparaisons et des visualisations sur le théâtre antique de sa ville natale, Autun. Le site de Aspendos ne se limite pas au théâtre, l’aqueduc vaut le coup d’œil ainsi que l’agora et le stade.
Plus au nord, la ville antique de Hiérapolis (IIème av JC) est à ne pas négliger, l’entrée est incluse dans celle du parc de Pamukkale, il y a de quoi se promener pendant un moment aux milieux de ruines en libre accès. C’est d’ailleurs ce qui nous a interloqué, la majorité des sites antiques ne comporte pas ou très peu de barrières, l’avantage est que vous pouvez approcher de très près les édifices sans frustration, le désavantage est la dégradation qui en résulte et aussi personne n’est à l’abri d’une pierre qui tombe d’un vestige…🙄 De nombreux visiteurs viennent uniquement pour Pamukkale et c’est dommage car la cité de Hiéra mérite qu’on s’y intéresse, le théâtre et l’agora sont les constructions les mieux conservées. Des vestiges partout, et il y a comme dans tous les sites antiques que nous aurons vus, encore beaucoup de travail de "puzzle", le nombre de morceaux de colonnes couchés est à chaque fois impressionnant!



Toujours dans les vestiges antiques, le site de Nemrut Dagi, magnifique tumulus au sommet d’une montagne, au milieu de nulle part. Nous avons emprunté une piste pour nous y rendre, et nous avons dormi au pied du site avec l’accord du gardien. La vue était superbe, les collines et vallées environnantes avaient des allures de Terre du Milieu des Seigneurs des anneaux. L’entrée officielle étant de l’autre côté, nous avons eu l’accès gratuit, et par deux fois, une fois au coucher du soleil, et le lendemain pour profiter de la lumière matinale. De quoi se sentir privilégiés, la majesté du site et son ambiance jouant pour beaucoup. ❤

Plus loin nous sommes montés voir les flammes éternelles du Mont Chimère, du gaz s’échappe à différents endroits au travers de failles dans la roche, celui-ci prend feu au contact de l’oxygène, non loin de ces flammes se trouve les vestiges d’un temple à la gloire de Héphaïstos (logique! ^^) De nombreuses personnes viennent ici pour pique-niquer ou faire griller des chamalows, c’est certain que comme barbecue, c’est pratique! Nous avons effectué l’ascension avant la nuit pour assister au coucher du soleil sur la mer en contrebas, c’est superbe et vraiment unique!

 
 

En remontant en Cappadoce, nous nous sommes laissés tenter par la visite d’une ville souterraine. Notre choix sera celle de Derinkuyu, découverte par hasard dans les années 60, il s’agit d’une ville creusée dans la roche servant de refuges aux habitants, des portes rondes en pierre, un système de ventilation et un autre de ravitaillement en eau par puits démontrent l’ingéniosité dont on fait preuve les bâtisseurs/creuseurs. Les habitants pouvaient aussi emmener leur bétail, véritable richesse, des mangeoires témoignant la présence d’étables. À ce jour, seule une partie de la ville est visitable, cela représente 8 niveaux descendant jusqu’à 85m,😳 le reste de la ville est réservée aux archéologues, de nombreuses galeries sont encore obstruées. Les entrées de la cité étaient cachées et se fermaient au moyen des grosses meules de pierres que l’on faisait rouler devant l’orifice. Derinkuyu avait une capacité de 20 000 personnes environ, l’isolement pouvait durer jusqu’à plusieurs semaines.  D’autres villes souterraines sont présentes dans le coin, et certaines étaient reliées entre elles grâce aux tunnels. Impressionnant !! 

Un soir nous passerons la nuit près du pont de Senoba, le pont en lui-même, selon nous, ne mérite pas le détour, d’autant plus que c’est loin d’être calme, au bout du pont, vous attend un parking où des bus font des allers et venues, les locaux viennent camper aux bords des rives en laissant leurs déchets. Nous retrouverons ce comportement partout le long de notre trajet, cela a de quoi nous agacer prodigieusement! 👎

Les sites naturels

Place aux beautés naturelles de la Turquie, qu’est-ce qu’elles sont nombreuses et qu’elles sont belles ! Tout d’abord, Pamukkale, ou le château de coton. Ce site classé patrimoine mondial de l’UNESCO est une tufière résultant de la formation de concrétions calcaires. Plus simplement, c’est une source d’eau chaude très riche en calcaire, qui en se déversant forme des cascades pétrifiées faite de dépôt calcaire ainsi que des bacs naturels. Véritable coup de cœur, mais à voir en basse saison et se lever tôt ! L’atmosphère de ce site au lever du soleil est unique, nous étions seuls, un vrai moment magique, néanmoins, ne nous voilons pas la face, ce site a été très endommagé ! En effet fut un temps les hôtels en contrebas puisaient en toute impunité l’eau des sources, ce qui a entrainé un assèchement d’une très grande partie des bassins. Les bassins d’origines naturelles, sont désormais à sec, des bacs artificiels permettent aux visiteurs de faire trempette dans cette eau riche en silice. Au sommet, c’est achalandé, les bus déposent les touristes en haut, et les piscines dites de Cléopâtre, attirent la foule. Oui, du temps de la ville de Hiérapolis, la belle égyptienne se serait baignée dans cette piscine thermale et - selon wikipédia - aurait fait venir cette eau jusqu’à Rome par convois…nous, on a du mal à y croire…mais bon pourquoi pas ! 😅

  

La Turquie c’est aussi cette image célèbre de montgolfières survolant la Cappadoce, là encore gros waouh !! Oui, oui, on vous l’a dit, nous avons beaucoup aimé ce pays ! ^^ La Cappadoce est une région a part, bien typée et caractérisée par ses cheminées de fées et ses habitations troglodytes taillées dans le tuf. Nous passerons par le canyon d’Ilhara, payant et décevant à nos yeux car beaucoup trop touristique, cependant il nous mettra dans le bain avec toutes ses églises taillées dans la roche, la plupart ayant gardées leurs peintures, pour certaines datées du 9ème siècle, bluffant ! Le canyon est très beau vu du dessus depuis un point de vue, on voit mieux qu’il représente comme une oasis verte au sein d’une faille au milieu de plateaux rocheux arides. 

Un petit peu plus loin, nous faisons halte dans la vallée de Uçhisar, dite la vallée des pigeonniers.  C’est libre d’accès et vide ! On a adoré se balader en suivant un sentier serpentant parmi les vergers, accompagnés de chiens libres et du ruissellement du petit cours d’eau courant au fond de la vallée. Tout autour de nous, des pics, des dômes de tuf dans lesquels des pigeonniers, des églises ou des habitations sont taillées. Une grimpette au sommet d’un pic nous offre une vue superbe, on se sent bien ici ! En continuant, nous rejoignons les pentes du village pleines de charme, au sommet, se trouve le piton d’Uçhisar. Toute l’agitation est ici, nous avons une belle vue sur les alentours, nous apercevons Göreme au loin. 

 

Göreme, c’est la capitale de la Cappadoce, la ville en elle-même n’est pas particulièrement attrayante en revanche les alentours : oui ! Nous passerons la nuit à l’écart de la ville, en bordure d’un grand terrain plat, nous serons réveillés vers 6h du matin par les pick-up installant les montgolfières devant notre nez ! Nous assisterons ébahis à tout ce remue-ménage. Une fois la voile étendue au sol et rattaché à la nacelle, c’est la valse des ventilateurs pour faire gonfler la montgolfière. Nous nous sentons extrêmement privilégiés d’assister à cela, même si nous ne participons pas au vol, nous verrons le décollage de plusieurs dizaines de montgolfières tout autour de nous. Le soleil se lève, les couleurs apparaissent, c’est incontestablement magnifique ! Certainement un des meilleurs réveils que nous n’ayons jamais eus. 😊

Une fois rassasiées et réchauffés, il fait assez froid la nuit en novembre, nous décidons de partir nous promener dans la vallée rouge et la vallée rose, en effet Marie a remarqué que sur l’application MapsMe, les chemins sont indiqués. Nous nous enfonçons dans un canyon, dont le fond ne voit pas beaucoup le soleil en ce moment à en croire le givre que l’on voit sur la végétation endormie. Un raidillon nous mène sur les hauteurs, nous surplombons désormais les meringues de tuf, c’est comme si la nature avait créé cette vallée au moyen d’une énorme poche à douille ^^` Nous redescendons de l’autre côté, et là encore les paysages nous émerveillent. C’est un vrai labyrinthe, tout en courbe, et en montées et descentes. Il fait un temps magnifique, la ballade se fait bien, et nous sommes seuls, on savoure pleinement ce moment ! Le nom des vallées fait référence à leurs couleurs, en effet on voit nettement des stratigraphies de couleurs nuancée dans les tons de rouge ou de rose. C’est superbe !

  

De l’autre côté de Göreme, nous rejoignons la vallée de l’amour, son nom lui a été donné en raison de la forme en phallus des cheminées de fées. Le site est moins sauvage et moins étendu, une nuit sur les hauteurs nous permettra au petit matin de revoir les montgolfières avec plus d’horizon que la veille. On ne s’en lasse pas ! La suite de notre séjour en Cappadoce se fera au gré des cheminées de fées et de déambulations dans la vallée de l’imaginaire, néanmoins nos endroits préférés resteront Uçhisar et les vallées rouge et rose. Nous aurons un peu de mal à quitter cette région, nous nous y sommes sentis bien, des spots en pleine nature, calme, même si la région est très touristique, en ce mois de novembre, nous avons pu savourer la quiétude des vallées. Nous comprenons désormais la renommée de cette région. 

  

Sur notre chemin pour la frontière iranienne, nous passerons par la ville de Van, installée au bord d’un lac du même nom, lui-même surplombé par le volcan de Nemrut. On nous avait conseillé le cratère, on regarde sur le gps, hop, nous voici en route. Sauf que la route se transforme très vite en piste, bon ça, ça va, notre Sam en a vu d’autres, au bord du cratère, la piste descend vers la caldeira où se trouve un lac, c’est très beau ! On descend donc, sauf que là, la piste est très défoncée et ravinée, par endroit, les roues passent tout juste et on frôle le vide, on passe par-dessus des crevasses, Corentin gère, Marie serre les fesses, pas du tout sereine, elle est du côté du vide. 😱 On se dit que si l’on doit remonter par cette route, cela va être très compliqué ! On continue le chemin, de tout façon il est impossible de faire demi-tour. Bon an mal an, on avance chahutés par les chicanes, ornières et crevasses, puis on arrive sur une intersection avec une route pavée… ! Oui, il y avait une pu**** de vraie route pour venir jusqu’ici, mais le gps ne la connait pas ! On est fâchés mais rassurés, on repartira par-là, même si nous ne savons pas encore où cela mène, cela ne pourra pas être pire que par la piste ! On décide de ne pas passer la nuit dans le cratère, malgré que ce soit tentant, le décor est superbe mais la météo incertaine, on pourrait se faire surprendre par la neige et se retrouver bloqués. Nous sommes tout de même à 3050m d’altitude, ce ne serait pas si surprenant. Une fois ressortis du volcan par la route pavée, nous trouverons un spot pile comme on aime, au bout d’une presqu`île donnant sur l’immense lac de Van, on se ressourcera ici, bercé par les vagues et admirant les montagnes. 

Les plages

La Turquie est un pays montagneux, mais c’est aussi des kilomètres de côtes, nous profiterons uniquement des côtes méditerranéennes. On tombera sur quelques bijoux, les plages telles que Adrasan, Patara, Cirali et Iztuzu sauront nous ravir. Patara étant la plage la plus sauvage, accessible par une piste, et adossée à des grandes dunes, la vue est superbe. Adrasan, est au bord d’un village, en se garant au bout d’un chemin, nous surplombons la baie, l’eau est turquoise, les montagnes se dressent autour, pas le spot le plus calme, mais la vue vaut la peine! La plage de Çirali est très fréquentée, elle n’en est pas moins agréable. C’est un spot Park4Night, du coup on s’est retrouvé à 12 van/camping-cars, le parking n’est pas grand, pour moins de promiscuité nous nous sommes dirigés vers Camyuva, en bordure de complexes hôtelier, cela nous permet de profiter de la terrasse d’un petit restaurant en admirant le coucher du soleil. Mine de rien, c’est assez calme à cette période.

  

En Turquie nous avons retrouvé les magasins Decathlon, c’est décidé, on en parle depuis la Grèce, on s’équipe de palmes-masques-tubas, à nous la faune marine! Nous apercevrons nos premiers poissons ici, tout contents, on essaie de communiquer entre nous avec le tuba dans la bouche en criant, "Là, là, regarde!", bref toute la plage est au courant qu’il y a des poissons. 😅 Nous nous rendons à la plage de Iztuzu, la famille Waketigo croisée en Grèce, nous avait parlé de cet endroit (Merci les amis!). Sur place se trouve un sanctuaire de tortues marines, nous ne pouvions pas rater ça!

Le centre Dekamer recueille et soigne les tortues blessées, le plus souvent par l’activité humaine, telle que la pêche et les bateaux. Nous rencontrons les volontaires travaillant ici, Basak et Aytek, ils nous racontent l’histoire des tortues en convalescence au centre et les soins apportés. C’est ainsi que l’on apprendra que de la cire d’abeille est utilisée pour colmater et cicatriser les carapaces endommagées. On les remercie pour le temps qu’ils nous ont accordé, leur gentillesse et toutes les informations qu’ils nous ont donnés, nous repartons avec plein de documentation qui a été envoyé à nos écoles partenaires. La sensibilisation doit commencer dès le plus jeune âge 😊 Nous aimerions revenir ici mais en tant que volontaire, informer le public, surveiller les tortues, relever des données, tout cela dans un cadre magnifique, c’est pile dans nos valeurs… on garde l’idée dans un coin la tête! 



  

Pour rejoindre Antalya, nous avons longé la bien nommée côte turquoise, la petite crique de Ulugöl est une crique parmi tant d’autre dont les couleurs nous auront fait rêver alors qu’il pleuvait, qu’est ce que cela doit être par beau temps! Les plages de Bogazkent et Pamucak seront des étapes d’un soir, nous dirions que ce sont des plages avec un très beau potentiel, mais malheureusement gâchées par les déchets, ça nous met toujours autant les nerfs, et même plus maintenant que nous en avons été témoin de l’impact des déchets sur les tortues marines! 

Les rencontres

Le peuple truc est peuple avenant et très hospitalier! Des marchands en bordure de route à qui nous avons achetés des fruits secs, nous ont offerts maintes tasses de thés et loukoums, en repartant ils nous donneront le reste des sucreries ainsi qu’une pastèque! Lors de notre halte sur les bords du lac de Van, nous passerons à la toute petite épicerie du village voisin pour acheter du pain et quelques vivres. Les commerçantes sont surprises de nous voir, on se fait comprendre grâce à google traduction, mais il n’y a plus de pain, l’une d’elle rentre alors chez elle et nous rapporte du pain qu’elle fait elle-même, les femmes refusent qu’on les paye, on insiste, on ne peut pas rien donner..


Plus loin, autour de ce même lac, des habitantes viennent toquer à la porte du camion, elles ne parlent pas un mot d’anglais, mais leurs sourires et leurs yeux pétillants suffisent, nous leur faisons visiter le camion, elles sont ravies. Le lendemain l’une d’elle revient et nous apporte des noix, nous sommes très touchés par ce geste. Nous resterons plusieurs jours à cet endroit, elles repasseront régulièrement nous voir, ça reste des rencontres furtives mais très touchantes. Une chose nous a frappé, c’est que très largement les turcs sont "classe", en ville comme à la campagne, même au fin fond des montagnes à conduire ses chèvres, un homme turc aura toujours une veste de costume,  bien rasé et le port droit.


Bien sûr, nous rencontrerons aussi des voyageurs, notamment une famille française (de Bourgogne!) les "Aventuracinq". David, Sabine, Pauline, Gabin et Élise sont sur les routes en camping- car depuis plusieurs mois déjà, et notre itinéraire à venir est similaire. Nous les avons recroisées à de nombreuses reprises, on se double à tour de rôle, et on partage les bons plans. En Cappadoce nous les recroisons en compagnie des "El Bidou", que nous avions déjà aperçu en Grèce, à croire que l’on se suit tous.😅 Jean-Michel, Caroline, Robin, Nino et Loumia, sont bientôt sur le retour vers la Bretagne. Nous passerons plusieurs repas à partager nos expériences. 

Julio et Maialen sont un couple basque espagnol voyageant avec leur gros camion bleu "Big van dream", nous les recroiserons peut-être en Inde, c’est des fous, ils partent passer l’hiver dans la neige, en station de ski en Géorgie! A Pamukkale, nous ferons certes la rencontre d’Elliot, un griffon libre, qui élira domicile au pied du camion, mais aussi Émilie et Fred de "La vie est belle", ils font un tour d’Europe avec leur dynamique compagnon à quatre pattes Lucky, celui-ci sympathisera d’ailleurs avec notre "chien du jour".
Enfin, au crépuscule de la Turquie et à l’aube de l’Iran, nous rencontrerons, en compagnie des Aventuracinq, la famille "Cajavoyage", Céline, Alexandre, Antoine et Jérémy. Ils reviennent d’Iran et repartent vers l’ouest. Ils partageront avec nous de judicieux conseils, les belles surprises et les aléas de leur périple. Toutes ces rencontres égrenées au long de notre trajet sont toujours un plaisir, et cela nous amène a penser qu’il y a autant de façon de voyager qu’il y a de voyageurs, c’est très enrichissant.

Rencontre avec la faune

Ici aussi nous côtoierons de nombreux chats et chiens libres. Beaucoup de chiens portent un badge ä l’oreille, cela signifie qu`ils ont été vaccinés et stérilisés par la municipalité. Les chats sont de tous les styles, en revanche les chiens sont assez corpulents, beaucoup d’entre eux ont des traits de berger d’Anatolie, logique!
En descendant du tumulus de Nemrut, nous verrons perchée sur un rocher une jolie chouette chevêche. 😍
N’oublions pas les tortues marines du centre Dekamer, si la chance avait été au rendez vous nous aurions pu en voir dans la mer, mais ce ne fut pas le cas cette fois-ci.

 
  

La Turquie au quotidien

Voyager en Turquie en van, c’est facile. En revanche trouver un spot calme, c’est plus difficile. En effet, nous avons remarqué que beaucoup de turcs vont en soirée s’isoler dans des coins comme on aime pour boire une bière ou plus, à l’abris des regards. En soi, cela ne nous dérange pas, si ce n’est que c’est très souvent accompagné de musique à fond dans la voiture et de déchets laissés sur place. 

Aussi, la police n’aime pas trop que des touristes dorment dans des endroits isolés, selon eux "C’est dangereux", nous avons surtout le sentiment qu’ils aiment savoir où nous sommes et qui fait quoi… Ceci s’est particulièrement vérifié lors d’une soirée au camping où nous étions simplement venus voir des amis voyageurs avec accord du patron. Plus tard dans la soirée le patron nous a demandé de partir prestement car nous n’étions pas enregistrés, il ne nous a jamais demandé de l’être. Par la suite nous avons appris que ce patron aurait pu avoir des soucis si la police avait fait le rapprochement avec notre véhicule garé devant son camping et le fait que nous ne soyons pas enregistrés au camping, même en tant que visiteur.
Dans les stations essence, le numéro de plaque d’immatriculation du véhicule est enregistré par les pompistes. Fliqués? Oui, c’est un peu le sentiment que nous avons eu par moment. En allant vers l’ouest, donc vers les frontières avec la Syrie, l’Irak et l’Iran et aussi donc vers le Kurdistan qui est à cheval sur ces pays, nous avons remarqué une recrudescence de check points et de présence militaire. La Turquie est aussi le pays où nous avons vu le plus de prisons et de miradors. C’est l’avantage de voyager avec son propre véhicule, sortir des circuits touristiques, selon nous, cela permet de voir plus d’aspects du pays. Fait inattendu, une fois passée la frontière iranienne, c’était plus cool, peu de check points, présence militaire très faible comparé au côté turc, on ressent bien que le gouvernement turc est un peu tendu ces derniers temps vis-à-vis de ses voisins. 

Niveau gastronomie, on s’est régalé de pide, se prononce /pidé/, c’est de la pâte très fine, genre pâte à pizza, toute en longueur, roulottée sur les côtés, et garnie. Tomates et herbes ou pomme de terre et fromage sont nos préférés. On s’est aussi fait plaisir avec les fruits secs, on en trouve partout, à des prix très abordable et avec beaucoup de variétés, on a particulièrement adoré les mûres blanches séchées. Ce petit goût de groseille et de miel, miam! Marie attendait ça avec envie, les pâtisseries orientales, plusieurs ont été testées, les meilleures selon elle, reste le baklava traditionnel aux pistaches. Même si le kunefe a eu son petit effet, c’est un dessert assez surprenant, fait de fromage frais enroulé de cheveux d’anges et de sirop, le tout est frit et se mange chaud, c’est craquant et fondant. Surprenant mais finalement bon, en revanche pas léger! Oh! Et les loukoums aussi! Bref il y a de quoi manger! 🤪

Turquie pratique

Bonne nouvelle : pas besoin de visa pour les détenteurs d’un passeport français, pour un séjour de moins de trois mois! Pour ce qui est du véhicule, l’assurance est obligatoire, cela a été vérifiée à la frontière. Le réseau routier est très bon, comme partout dès que l’on sort des axes principaux, on peut avoir quelques surprises. 😉
C’est ici que nous avons récupéré nos visas iraniens dans le consulat de notre choix, qui fut Erzurum, le plus proche de la frontière iranienne.
L’opérateur téléphonique Free a fonctionné jusqu’ici, destination incluse dans notre forfait, génial! 

Les spots favoris où dormir en van

Au pied du tumulus de Nemrut Dagi pour la vue, au bout du chemin à Adrasan pour la vue et la plage un peu plus loin, au cœur du volcan de Berkalar pour le décor, sur la presqu’île du lac de Van pour son calme et sa vue, critère prédominant! Et bien sûr l'aire de décollage des montgolfières en Cappadoce, pour un réveil magique et insolite!



Nos vidéos de la Turquie


Commentaires

  1. C'est Ankara, la capitale Turque. Istanbul, c'est l'ancienne. Merci pour ce récit et l'information utile pour ce magnifique pays.

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    1. Bonjour Unknown!
      Ah ah mais merci, en plus on le sait tellement c'est impardonnable XD
      C'est corrigé merci!

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