Road trip en Oman, à la découverte des wadis


Pour bien commencer, petite leçon de grammaire… (vous ne l’avez pas vu arriver celle là  😉 ) On dit se rendre EN Oman et non pas À Oman, tout comme vous diriez « Je vais en Ouganda », il s’agit d’un pays et non d’une ville, donc emploi du EN svp. Ça c’est pour la versions courte, car en vrai, le nom complet du pays c’est : sultanat d’Oman, et ça en jette!

Donc, Oman avant de nous y rendre cela ne nous évoquait pas grand-chose. Honte à nous, voyageurs et férus de géographie (surtout Marie)! Comme le Belize en quelque sorte, c’est un de ces pays dont nous avons appris l’existence il n’y a que quelques années… Mais a chaque fois que nous en entendions parler, c’était en bien. On nous recommandait d’y aller, alors que c’était pas du tout sur notre route, on écoutait ses recommandations mollement en se disant « bah tant pis, on ne peut pas tout voir ». Et puis l’itinéraire a changé, finalement on passe par la péninsule arabique, étant donné le prix du ferry pour y arriver, et le sentiment mitigé que nous laisse les Émirats, on file vers Oman plein d’espoir. Des espoirs d’authenticité, de wadis, de superbes bivouacs, de gens adorables et de tout un tas de chose dont nous n’avions pas encore connaissance, mais que l’on espère toutefois, des surprises en somme.

Les wadis (terme arabe = lit de rivière) ou oueds, qu’est-ce que c’est? Ce sont des cours d’eau au flux irréguliers, taris à la saison sèche et connaissant des crues importantes lorsqu'il pleut. Oman est connu pour ses nombreux petits écrins de verdure et d’eau au milieu de paysages de montagnes rocheuses et arides, certains comportent même des piscines naturelles, ça fait rêver!

Passage de frontière à Hatta

Il n’y a pas foule, on nous fait comprendre qu’il faut avant toute chose prendre une assurance pour le véhicule avant de demander les visas, laquelle s’avère peu chère. Nous n’avons pas de cash pour payer l’assurance, pas moyen de payer en carte et pas de distributeur, oups! Pas de problème, l’employé paie pour nous, prend une copie de notre passeport et notre numéro de téléphone, et nous indique de nous rendre dans une banque pour effectuer un dépôt sur son compte aux coordonnes bancaires qu’il nous donne. On hallucine un peu, mais c’est ok, on lui promet de faire ça au plus vite une fois la frontière franchie, ce à quoi il répond, pas de soucis, ça peut attendre après-demain… et avec le sourire en plus!

On finalise les formalités administratives, retardées car les Émirats n’ont pas enregistré le passeport de Marie, donc les douaniers omanais appellent les douanes de Sharja pour leur demander c’est quoi ce binz!? On attend, et une fois tout remis en ordre, on est libre de visiter Oman, pendant un mois pour un montant de 40 euros par personne. C’est à la frontière que l’on apercevra un portrait dont le visage nous deviendra familier, celui du Sultan, très classe dans sa tenue, portant les armes symboles du sultanat d’Oman

À nous les routes omanaises! Ils sont où alors les wadis?! Pour l’heure, on va d’abord s’installer au bord de la mer, les premières banques sont plus loin et il commence à se faire tard. On repère une piste quittant notre route pour rejoindre la mer, parfait, on y va! Au bout, c’est bof, finalement, demi-tour et vlan on s’ensable, bienvenue en Oman! On était prévenu qu’il est mieux d’avoir un 4X4, on n’en doute plus, et ce n’est pas fini, on aura plein d’autres exemples.
Un local, en 4x4 lui, vient nous aider, on voit qu’ils ont l’habitude, en quelques minutes on est sorti du sable, on se sent couillon de s’être fait avoir aussi facilement. On trouvera plus loin, un bivouac sur terrain dur.  Quelle journée!

Notre itinéraire en Oman longe essentiellement la côte, on quittera la mer pour se rendre dans les terres afin d’accéder à des wadis. En effet, si on enlève de la liste tous ceux qui ne sont accessibles qu’en 4x4 -on trouve ces infos sur le net- la liste est alors bien restreinte. C’est en Oman, pour la première fois depuis le début de notre voyage, que l’on se sentira frustré par les capacités de notre véhicule. En Oman, on a clairement vu ses limites, et aussi de belles aptitudes.  On y reviendra dans le détail de l’itinéraire.

Notre itinéraire :

Le sultanat d’Oman est subdivisé en 11 gouvernorats, nous sommes arrivés par le nord-ouest du pays. Dans l’ordre nous avons donc traversés les gouvernorats suivants : Al Batina nord et sud, Mascate, petit crochet par celui de Ad-Dākhilīyah, Ach-Charqiya nord et sud, Al Wusta, et enfin celui du Dhofar.

Une fois arrivés en bas, au Dhofar, nul autre choix que de remonter vers Mascate, plus au sud, c’est le Yémen, là encore ce n’est pas par manque d’envie que nous ne visiterons pas ce pays, vous vous en doutez sûrement, c’est pour des raisons d’instabilité et d’insécurité dans la région. Pour le retour, nous avons emprunté sensiblement la même route qu’à l’aller, nous voulions rester le long de la côte et profiter de la mer.

Ce que nous n’avons pas vu en Oman :
Nous ne nous sommes pas rendus dans le gouvernorat de Musandam, connu pour être "la Norvège du Moyen-Orient" avec ses fjords, également pas de wadi Bani Awf, ni de dunes à Wahiba, ni la vieille ville de Tanuf et le canyon de Jebel Shams. Tout ses lieux sont cités dans les guides touristiques, cependant avec un véhicule pesant 3.2 tonnes et pas 4x4, nous avons préféré renoncer, et nous avions des envies franches de littoral. 😊

Les gouvernorats de Al Batina nord et sud, Mascate et Ad-Dākhilīyah :

Khabura sera notre première plage omanaise, longue, calme, tout du moins en journée, en soirée, c’est une autre histoire. Les locaux profitent de la plage à grand renfort de pique-niques, barbecues et musique. Un voisin de stationnement viendra même nous offrir des parts de gâteau à la crème. On est surpris et touchés, cela nous fait très plaisir. Suite à cette étape on se dirige dans les terres, vers Rustaq, la ville comprend un fort datant du XIIIème, on y fait un saut, pas un touriste et des jardins remplis de palmiers nous font rêver.

 

Après s’être informé sur le net, on décide de se rendre au Wadi Bani Kharus, mais une erreur nous emmène sur le mauvais tracé, la pire galère jamais connue pointe son nez, on se retrouve coincé dans un lit de rivière mou, fait de cailloux ronds et de sable… On peste, on sort la pelle et les plaques, et on commence à creuser. Un peu plus tard, des locaux nous viennent en aide, l’un avec un pick-up, qui se propose de nous tirer, parfait! Mais le 4x4, tombe en panne, impossible de changer de vitesse. Le propriétaire s’occupe de son véhicule, pendant que nous essayons de faire avancer Sam. Il fait très chaud, on creuse sous les roues pour installer les plaques de désensablement, la poussière nous colle à la peau, le propriétaire du pick-up en rade se montre assez impatient de nous faire sortir de là, veut prendre les choses en main et commet des erreurs. Comme mettre les plaques dans le mauvais sens, en nous assénant de forcer sur le moteur et tout un tas de choses que l’on ne comprend pas… on fait à notre manière, on remet la plaque dans le bon sens, Corentin se met au volant, et Marie à l’arrière avec le deuxième homme pousse le van.

Le sol est mou, c’est compliqué d’avoir un appui. Petit à petit, les pneus arrivent sur les plaques et le camion avance centimètre par centimètre. Les pneus déjà en fin de vie, se déchirent sur les grips des plaques, de la gomme effritée gicle, on est mal!! Finalement, à force de méthode, creuser devant les roues, placer les plaques, pousser, on sort notre gros Sam de là, a peine quelques mètres plus loin, le sol est plus compact. On repart en sens inverse dans ce lit de rivière sans s’arrêter, à bonne allure pour ne pas s’enfoncer, une zone de caillou mou nous fait chasser un peu, mais ça passe, ouf!

On constate les dégâts, on a récolté de belles crevasses sur les deux pneus avant, pas de doute, on sait ce que l’on va faire le lendemain : trouver des pneus. Frustrés, fatigués mais soulagés de s’en être sortis, on part se stationner sur un parking à quelques kilomètres, en roulant doucement pour éviter la crevaison.

C’est ainsi que l’on arrive à Nakhal, le fort et les sources chaudes proches nous changeront les idées. Les fondations du fort datent du VIIème, depuis les remparts on admire la vue sur les montagnes alentours et les jardins, la lumière douce de cette fin de journée en fait un spectacle superbe. Les sources chaudes au bout de la route sont une vraie attraction, un bassin est aménagé, Corentin fait une trempette tout habillé, de quoi se rincer de la poussière. On se balade le long de l’eau, il y a des tas de petits poissons qui nous grignotent les pieds, on décompresse.

 
 

Le lendemain, sur la route de Mascate, on trouvera un garage nous proposant des pneus plus tout terrains que les précédents, et pour un prix défiant toute concurrence, on est soulagés, on s’en sort bien! On repart dans l’heure, Sam a de nouvelles chaussures, lesquelles on en est certain, seront très utiles en Oman!


La capitale, Mascate, est une ville portuaire moderne qui s’étire entre les montagnes sèches et la mer.  Au niveau architectural, la silhouette générale de la ville n’a rien de marquant, mais rien n’est déplaisant pour autant. Les bâtiments sont pour la plupart blanc et assez esthétique. Nous passerons le long de la corniche, avec la vue sur le port et le zouk tout proche. On retrouve d’ailleurs au zouk des articles en vente que l’on a vu dans les bazars de Turquie et d’Iran, c’est à se demander qu’est-ce qui est local. 😅

La visite de la grande mosquée du Sultan Qaboos nous a particulièrement plu. Pourtant des mosquées, après la Turquie, l’Iran et les Émirats, on ne s’attendait plus à être surpris. Cette mosquée fut commandée par le Sultan actuel, et érigée en 2001, elle est donc moderne, épurée mais chaleureuse. C’est une des plus vaste du monde, elle peut accueillir jusqu’à 20 000 fidèles. Le jardin dans la cour intérieure, apporte du charme dans cette construction de pierre couleur sable. Nous avons particulièrement apprécié les galeries bordant le complexe au nord et au sud. Ces galeries sont ornées de niches élaborées et décorées selon les différents styles d’art islamique que l’on trouve un peu partout dans le monde. C’est à la fois très beau et très intéressant de pouvoir comparer chaque style artistique.

 

Mascate est surplombée par des forts construits par les portugais sur les hauteurs. Notamment le fort Al Jalali, datant du XVIème, il domine le port de Mascate, et a servi de prison au XXème, malgré ce lugubre usage, son éclairage offre un beau paysage de nuit. Nous ne savions pas que son accès est fermé au public, nous nous sommes dirigés vers son entrée, quand un militaire nous a stoppé en amont et fait comprendre que le fort est réservé à l’armée. Dommage, nous pensions poser le camion pour la nuit sur le parking à ses pieds. 🤪

Du coup, on s’est rabattu sur le parking du palais du Sultan, arborisé et fleuri, on peut désormais le dire, le Sultan est un voisin plutôt calme!  Le palais royal date des années 70, et son allure nous a un peu surpris, le pavillon d’entrée est agrémenté de chapiteaux/champignons bleus et dorés, c’est assez inhabituel et en même temps très "années 70".

 

A propos du chef de l’état, on connait surtout son image, elle affichée partout, il est habillé en tenue traditionnelle tenant le poignard emblématique du pays, appelé Khanjar Sa majesté Qabus Ibn Saïd, a passé 5 ans en Angleterre à partir de l’âge de 16 ans, et a servi pendant un an dans l’armée britannique. Rien d’étonnant à cela, Oman était encore sous protectorat britannique jusqu’en 1970. Il a également beaucoup voyagé autour du monde avant d’être rappelé par son père en 1965, qu’il renversa quelques années plus tard puis instaura un pouvoir plus ouvert. Le pays s’est rapidement développé grâce au pétrole, le Sultan œuvre pour les droits des femmes, le pays se modernise enfin et sort de sa léthargie.

Wadi Al Arbeieen : Superbe wadi! Nous sommes restés plusieurs jours au bord de l’eau sur la rive de galets, à admirer les oiseaux, les petits poissons dans l’eau, à s'extasier devant les basins naturels, tenter une approche avec les chèvres du coin et se balader aux alentours. C’est d’ailleurs lors d’une promenade que nous avons rencontré Saïd qui nous a invité chez lui, il vit avec sa famille depuis plusieurs générations dans de ce oued. Nous avons discuté et partagé un café et des dattes, il nous a montré son jardin dont il est particulièrement fier. Bananiers, dattiers, citronniers… un cadre de vie magnifique dont il reconnait la valeur. Un jour, un habitant Shihab, est venu à notre rencontre au camion, il est professeur, il s’est avéré qu’il connaissait aussi une famille de français vivant à Mascate, avec laquelle nous étions également en contact! Fou! Le monde est petit au fond d’un wadi !

Al Arbeieen est notre coup de cœur, nous avons adoré ce lieu, mais beaucoup moins son accès! À l’aller, ce fut une piste toute neuve mais très pentue en descente, Corentin maîtrise, on fini par arriver sans forcer sur le moteur, mais pas rassurés. En effet, pour repartir nous avions deux choix :  par cette même route mais en montée cela s’annonçait compliqué, ou alors par une autre piste, défoncée, pleine de gués -assez profonds pour certains- et au sol mou mais le reste du chemin est relativement plat…
Finalement après réflexion nous sommes reparti par les gués, en se disant que si on restait bloqués, il y avait plus de passage, et donc plus de possibilités de se faire aider, on préférait ça plutôt que de faire chauffer le moteur et le différentiel et d’abîmer les pneus. En fin de compte, la sortie de ce wadi s’est faite sans encombre et avec la bienveillance de locaux qui nous ont guidé pour les gués. 😊

    

Les gouvernorats d’Ach-Charqiya nord et sud,

Le gouffre de Bimmah: sorte de puits géant, dont le fond est accessible. L’eau est magnifique, cristalline et il est possible de s’y baigner, c’est un lieu assez insolite ! L’eau est salée, est doit venir par capillarité de la mer toute proche.

 

La plage de Fins: très belle plage, facilement accessible, même pour notre lourdaud de Sam ! Sable blanc, eau turquoise, petites criques, c’est superbe ! On est restés plusieurs jours, nous sommes arrivés en semaine, c’était calme, le weekend, c’est plus agité. Les omanais adorent, et à juste titre, le camping ! Du coup on assiste un peu éberlués à un remue-ménage qui donne l’impression de se retrouver au milieu d’un village de véhicules, barnums, tentes diverses, toilettes portatives et barbecues. À la nuit tombée, les lampadaires directement branchés sur le moteur font leur show. Y'a pas à dire, ils sont équipés !

Le hic, c’est au moment du départ, chacun laisse ses déchets, parfois rassemblés dans des sacs parfois non, à même le sol, alors qu’un container est mis a disposition quelques mètres plus loin. On comprendra plus tard la raison ce manque de rigueur, des employés arrivent le lendemain et ramassent le plus gros. Entre temps, des déchets ont été dispersés par le vent ou avalés par la mer montante… bref de quoi nous faire rager, déprimer et enfiler des gants pour tenter de ramasser ce que l’on peut.

Nous assisterons plusieurs fois à cette pratique un peu partout sur notre route, ça nous dépasse toujours autant. Oman se modernise, = le plastique débarque à flots, et nous avons clairement le sentiment que le pays n’est pas du tout prêt pour gérer le traitement de ses déchets, d’autant plus que le tourisme se développe, entraînant lui aussi une consommation et donc une masse de déchets. Oman risque de vite être dépassé par les événements.

En semaine, nous avons pu observer à Fins la faune locale dont les gazelles venues faire bronzette sur la plage, les tortues qui pointent leurs narines à la surface de l’eau, les immanquables crabes, Bernard-l’hermites et poissons colorés.

Mais surtout, une fois la nuit installée, on a pu voir du plancton bioluminescent ! Du quoi ?! Du plancton végétal, micro-organisme vivant en suspensions dans la mer, qui génère de la lumière. Sur terre, on peut aussi observer des organismes vivants produisant de la lumière, tels que les lucioles ou les vers luisants par exemple. Sur la plage de Fins, en pleine obscurité on peut apercevoir dans l’écume des vagues des bandes bleus-vertes fluorescentes, c’est magique !! Un vrai spectacle, tellement beau et poétique, ça nous a émerveillé ! On dirait comme un néon qui apparaît, se diffuse et s’éteint dans l’eau, ça a un côté surréaliste ! Le truc nul c’est qu’on a perdu toutes les photos que nous avions de ce phénomène…ça reste bien gravé en mémoire, mais c’est moins pratique à partager. 😅

  

La région de Ach-Charqiya comporte plusieurs wadis de renom, le premier sur notre route en descendant vers le Sud est le wadi Al Shab. Très touristique, la rive menant au fond du wadi n’est accessible qu’en bateau, une fois garé sur le parking dont l’affluence est à la hauteur de la fréquentation du site, on rejoint une petite embarcation dont on s’acquitte les services, puis on rejoint l’autre rive. L’entrée du wadi est surplombée par un pont portant l’axe routier principal de la région. Le sentier suit le cours d’eau, et ainsi on remonte le courant en s’enfonçant dans le gouffre rocheux, les pentes se resserrent petit à petit, c’est magnifique !

Seul bémol, il y a partout des panneaux qui interdisent la baignade, à l’entrée du site un avertissement demande aux visiteurs de ne pas se baigner car l’eau issue de ce wadi alimente les habitations en aval, ces habitations ne pouvant être ravitaillées par camion-citerne du fait du manque d’accès terrestre. Cependant, nous avons vu de nombreux touristes se baigner, parfois même sur recommandation de leurs guides locaux. Ayant moi-même grandi dans une maison dont l’eau provient exclusivement d’une source, je n’aimerais pas savoir que des personnes se baignent dedans…
Je ne rentre pas dans les détails de l’hygiène ni de la pollution invisible apportée par les baigneurs (crème solaire, déo, parfums etc). Bref nous repartons dépités par ce manque de respect, bien sûr nous aurions aimé nous baigner, aller plus loin dans l’eau pour voir la cascade au bout, mais par respect pour la pureté de cette eau et la consigne écrite noir sur blanc, on s’y refuse.

 

Juste en dessous de wadi Al Shab, nous rejoignons le wadi Tiwi, plus enclavé dans les terres mais plus ouvert, on suit une petite route qui nous emmène au bout. On décide de se garer car la route devient impraticable avec notre Sam, le pauvre il a de quoi être frustré en Oman ! On continue à pied, c’est joli, également très fréquenté du fait de sa facilité d’accès, pour qui a un 4x4! 😉

 

Le wadi Bani Khalid, on en a entendu parlés a plusieurs reprises, vu son nom ressortir lors de nos recherches sur les choses a voir en Oman, on a hésité a y aller car pas vraiment sur notre route. Ici, tout est en montagnes, versants, virages et pentes, si l’on se dirige d’un côté, rattraper l’autre côté, ça peut être très long.
On se motive, on y va, la vue du parking à l’arrivée nous laisse aucun espoir sur le côté sauvage de ce wadi. On suit à pied le chemin et on débouche sur un magnifique espace comprenant des bassins, des palmiers, un pont et un resto surplombant le tout… Tout sauf naturel et pas de bol on a du tomber sur un créneau particulièrement bien achalandé. Le resto propose une carte avec des prix 5 fois supérieur à la normale, les recommandations vestimentaires pour les baigneurs sont bafouées et cerise sur le gâteau, on croise des enfants en train de travailler -travaux de construction- au milieu de tout ce petit monde. On est venu, on a vu, on est reparti.

  

La ville de Sur, jolie ville portuaire, connue pour ses ateliers de boutres, bateaux traditionnels. Un point de vue depuis les tours surplombant l’estuaire offre un superbe panorama pour le coucher du soleil.

  

La réserve de Ras Al Jinz, ce lieu est connu pour ses plages fréquentées par les tortues marines. Il est interdit de camper sur les plages, des panneaux mettent en garde.
Au sein du parc, s’est établi une réserve privée comprenant un hôtel et une plage. Ce bâtiment organise des excursions nocturnes pour voir les tortues qui viennent pondre sur leur plage. C’est très tentant, mais nous nous sommes renseignés, il n’y a aucun crédibilité scientifique derrière cette organisation, seulement lucratif. Les excursions regroupent en moyenne 5 groupes allant jusqu'à 20 personnes, le bruit et l’agitation générés ne sont en rien bon pour les tortues venues réaliser un acte déjà très éprouvant par lui-même. De plus, les groupes se déplacent avec des lampes torches, ces lumières peuvent désorienter les petits qui viennent de naître, ils pensent se diriger vers la lumière de la lune pour rejoindre la mer, au lieu de ça, ils s’enfoncent dans les terres et meurent.

Des témoignages relatent des faits aberrants, comme le guide qui écarte les nageoires de la tortue pour montrer les œufs… ou des touristes faisant des selfies à quelques centimètres des tortues, des flashs, des personnes touchant ou grimpant sur l’animal et des enfants jetant du sable sur les tortues en plein labeur…bref À ÉVITER!

Nous nous sommes rendus en journée à cette « réserve-hôtel », surtout pas pour l’excursion, juste pour voir la plage et voir les traces des tortues et peut-être avec beaucoup de chance observer des petits rejoindre la mer. Une fois l’accès à la plage payée, nous avons vu sur place comme un champ de mine, c’est hallucinant le nombre de nids de tortues qu’il y a!  Des trous partout, des traces de nageoires, des coquilles d’œufs, des membres de bébés tortues laissé par des prédateurs.

Mais nous avons aussi vu des filets de pêcheurs dans l’eau à quelques mètres, que font des filets dans un réserve censé protéger une espèce en danger? Également des traces de véhicules par-dessus les nids… et le summum : une énorme tortue marine morte sur le sable…Nous étions dépité de voir la réalité d’un tel lieu, nous avions visité en Turquie un centre de protection et de sauvegarde des tortues marines, entièrement gratuit, avec de vrais engagements et des valeurs éthiques. Rien à voir avec ce que nous avons vu ici. Déprimant! En retournant à l’accueil nous avons informé le staff de la présence de l’animal décédé, très embêté, ils se sont affairés. Nous avons aussi souhaité visiter la petite exposition présente dans le bâtiment pour en savoir plus sur les tortues, mais il fallait repayer une entrée, nous avons refusé, c’était trop. Comment se proclamer « réserve » et prétendre sensibiliser largement sur la condition des tortues auprès de tous en faisant un accès payant?  Ça nous dépasse! Bref, nous avons quittés ce lieu sans états d’âmes et en leur faisant part de nos avis.

Un peu plus loin, nous avons trouvé une petite crique avec de quoi stationner en retrait. Nous y avons passés 2 nuits, la première nuit les vagues étaient violentes, nous avons tristement vu des bébés tortues rejettés par la mer, morts noyés. Lors de la seconde nuit, pleine lune, nous avons pu observer de loin une tortue sortir de l’eau, faire ses trous et pondre. Corentin s’était perché sur une embarcation, à bonne distance de la tortue, celle-ci a changé de direction et est venu vers lui en passant tout près de la barque, il l’entendait respirer! Ce fut un moment très fort!

Sur place, nous étions une poignée de voyageurs, tous respectueux, silencieux, gardant nos distances, sans lumière et pas de flashs. Même moi, n’étant plus nyctalope, je pouvais apercevoir les masses sombres creuser dans le sable à la lueur de la pleine lune. Chaque soir, des gardiens locaux restaient sur la plage pour veiller au bon déroulement de la nuit. Nous avons discuté avec eux et partager des dates sous les étoiles au son des vagues, ce fut des soirées inoubliables!

  
 

Au nord de la façade Est du pays, se déroule la longue plage de Jaalan Bani Bu Ali, parfaite pour la baignade, belles vagues, pas de rochers dans l’eau, des petits pavillons toutes les 50m, et surtout des dauphins visibles au large, on s’installe! On restera plusieurs jours ici, en compagnie de nos amis la famille Aventuracinq, que l’on croise régulièrement avec grand plaisir depuis la Turquie.


  

On en profitera également pour nettoyer cette plage, des bacs de poubelles sont à disposition. Nous assisterons là aussi au spectacle de la famille qui vient faire un picnic sur la plage puis repart en laissant tous les détritus sur place. Ce n’est pas leur job, des petites mains le feront pour eux plus tard, tel que ce travailleur d’origine indienne que nous rencontrons un matin. Cet homme ramasse les déchets sur les plages, nous voyant faire, il nous a donné des grands sacs pour remplacer ceux que nous avions déjà rempli. Il nous a expliqué qu’il est venu ici pour gagner de l’argent pendant quelques années, puis il retournera en inde. Cet homme et son chemin de vie nous ont fortement rappelé celui des travailleurs immigrés que nous avons croisé aux Émirats Arabes Unis.

Beaucoup de travailleurs viennent d’ailleurs, les femmes essentiellement en tant que femme de maison ou nounou, les hommes sont fréquemment prédestinés aux travaux physiques dans la construction et/ou ingrats.

Les gouvernorats d’Al Wusta et du Dhofar, la grande traversée vers Salalah :

Salalah… il est des noms comme ça qui flotte en tête comme une mélodie, avec des connotations exotiques. Il parait que là-bas, c’est autre chose, que là-bas c’est vert, à l’expression et aux dires des personnes parlant de cette ville on imagine cela comme une enclave tropicale dans un pays aride. C’est décidé nous allons là-bas. Salalah, c’est le deuxième centre de gravité du pays après Mascate. La route est encore longue, il faut longer toute la côte Est et traverser de vastes étendues désertiques et passer quelques barrières montagneuses.

En route, nous ferons une halte à Filim, au bord d’une mangrove d’où l’on aperçoit une tripotée de piafs dont des flamands roses. En soirée, on aborde des locaux, nous recherchons des toilettes, il n’y en a pas nous informent-ils, une discussion s’en suit, ils nous offrent le traditionnel café et des dates. Ils sont ici pour pêcher de nuit, certains sont pêcheurs de métier, un autre commerçant à Nizwa et un autre travaille dans le pétrole, ce dernier porte une grosse montre. Tous réunis ici, sur ce bout de péninsule, dans la moiteur des embruns, au cul des 4x4, sirotant le breuvage noir brûlant, à plaisanter et à attendre la marée pour embarquer sur les bateaux. Ce soir, le stress semble ne les jamais avoir atteint, la vie paraît douce pour ces hommes.


Salalah donne le sentiment de se mériter, on traverse des zones vierge d’activité humaine. Seuls de discrets animaux peuplent ce monde minéral, parfois visités par des haut-sur-pattes bossus qui se dandinent en ruminant. Les dromadaires sont les créatures les plus placides que l’on connaisse, les admirer, c’est comme méditer, par leur flegme naturel ils poussent au lâcher prise. Drôle de bêtes dans un drôle endroit.

 

Le désert que l’on traverse dans la région d’Al Wusta nous réserve des surprises comme des paysages de roches aux couleurs orangées magnifiques, des pistes menant à des plages marquées par la pêche. Ailleurs c’est la couleur jaune sable/poussière qui domine, notre route creusée dans la pierre dessine un trait gris, quelques nids verdoyants viennent colorer la paysage comme le wadi Suneik, et c’est ainsi jusqu’à la plage de Duqm.

Aux abords de cette plage quelques hôtels commencent à pointer leur nez, une zone toute dédiée et inscrite en toute lettre sur les panneaux « Tourist area » les attend. C’est calme, la plage est surprenante par sa quantité et diversité de coquillages largués par la mer. On la surnomme entre nous la « plage-cimetière » tant il y a de coquilles vides, des poissons momifiés par le soleil et le sel, des vertèbres de gros poissons, bref de quoi trouver quelques souvenirs. 😊

   
 

Une étape au sommet de la falaise de Shalim Wa Juzur Al Hallaniyat nous offre une superbe vue sur la vallée en contrebas. On se rapproche doucement de Salalah mais avant une halte importante s’impose à la plage de Sadah, en effet une des criques serait un lieu privilégié pour apercevoir des dauphins! On ne verra pas Flipper, mais la plage nous retient par sa beauté, sur les rochers à fleur d’eau on observe des periophthalmodon…  Ces petits poissons ressemblant à des têtards, ils ont deux petites « pattes » et sautent, sont trop drôle! Les crabes sont toujours là, et toujours aussi rapide à filer dans leur trou! Bref, on a de quoi combler nos envies de zoologie.😍

  

Salalah, capitale du Dhofar, nous y voilà! On comprend de suite la différence de cette ville, on se croirait limite dans une ville tropicale. Elle bénéficie d’un microclimat. Cocotiers à gogo, plage, plantation de fruits exotiques, bananes de toutes sortes, caramboles, papayes, anones, et tant d’autres aux noms toujours inconnus à ce jour. On se régale, aussi bien au niveau de l’ambiance qui règne dans cette ville, qui invite à la détente avec sa promenade en bord de mer, ses plantations immenses et partout ses étals de fruits colorés; qu’au niveau de notre appétit, on raffole des petites bananes dites de Salalah et des cocos fraîches, un délice! La ville parait comme une oasis, une tâche de vert dans ce paysage jaune, on nous dit que le meilleur moment est à la saison des pluies, les couleurs et la végétation explosent. Ici, la pluie est attendue avec enthousiasme, son souvenir fait éclore des sourires sur les visages.

  
 

Il parait que la côte au sud de Salalah vaut le coup d’oeil… on a le temps, on aime les plages sauvages et on a le plein de vivres, on pousse encore un peu plus loin. On passe un check point, où les soldats font leur sieste, seul marqueur de la proximité de la frontière yéménite. On fouine sur les cartes GPS à la recherche du spot, on teste des pistes, on renonce et on s’installe finalement non loin de Maghsail.
Tout y est, plage, crique, bois mort, toilettes et dromadaires ! Au programme, baignade, coucher de soleil et cuisine au feu de bois. On improvise une douche avec les robinets pour les ablutions, c’est le paradis pour nous.😅  Marie aura tenté une approche avec les dromadaires en leur offrant des feuilles de choux, pour lesquelles ils ont témoignés un désintérêt total, ils préfèrent brouter des herbes sèches. Échec !!

 

Il nous faut remonter vers Mascate pour préparer le transfert en bateau du camion (tous les détails ici). Sur une route de la région de Shalim Wa Juzur, on tombe sur une cascade surprenante, formée de plusieurs langues de pierre. Corentin en profite pour prendre une douche. En bivouac, toutes les opportunités sont bonnes à prendre pour se doucher 🤪 (sans savon of course !). Un peu plus loin, une maison à l’architecture inhabituelle attire notre œil, on s’en approche, cette maison nous rappelle les maisons de Tatooine (Star Wars). Le lieu semble vide, entourée de grillages, presque à l’abandon, des employés vivant dans un baraquement à proximité viennent vers nous et nous ouvrent les portes. La demeure est construite en « Earthbags », sac de terre et torchis, c’est superbe ! Après quelques recherches, il s’avère qu’il s’agit d’une construction prototype porté par une entreprise du Koweit. Le projet de développement d’un eco-tourisme dans cette région semble pour l’instant en stand-by.

  

Notre retour vers Mascate se fera par la même route qu’a l’aller, nous souhaitons profiter pleinement du littoral. Une fois le véhicule nettoyé de fond en comble, on enferme notre maison sur roues dans un container en direction de la Corée du Sud. De notre côté, pendant le temps de la traversée, nous partons découvrir les Philippines, nous retrouvons nos réflexes de backpackers. On se retrouve alors avec nos sacs à dos, cela nous fait tout drôle d’être sans notre petit cocon, nous ne n’avons pas lâché une fois depuis 9 mois! Un grand merci à la famille Sclear pour leur invitation, cela nous a été d’une grande aide dans cette transition du voyage en van au voyage en sac à dos !

  

Pour résumer :

Si nous devions résumer Oman selon ce que nous avons vu, nous dirions, une ambiance particulièrement détendue, des wadis magnifiques, beaucoup de plages, des découvertes (le lumineux plancton entre autre), des forts, et des pistes et du sable, mais alors beaucoup de pistes et beaucoup de sable! 😅

Côté pratico-pratique :

Oman est un pays facile pour voyager avec son véhicule, surtout pour les 4x4, vous l’aurez compris! Lors de notre passage le prix du diesel était intéressant, l’assurance pour le véhicule est obligatoire et facile à obtenir.

On trouve de l’eau, réfrigérée et potable un peu partout. Il faut repérer les cuves dans les villages, souvent aux abords de mosquées ou de commerces. On croise aussi des camions citernes, une fois l’un d’eux nous a rempli notre réservoir, vu le débit, ce fut un remplissage express !
De même les ablutions et les toilettes se trouvent facilement dans les zones relativement fréquentées ou sujette au camping du weekend.

Pour ce qui est de la vidange des eaux usées, il n’y a aucun lieu dédié. Comme d’habitude nous vidons nos toilettes dans les toilettes publics, pour les eaux usées, faute de mieux, c’est soit dans une bouche d’égout soit dans du gravier au soleil. Nous utilisons des produits 100% naturels et faits maisons essentiellement à base de savon de Marseille pour amoindrir notre impact sur l'environnement.

Concernant les déchets, pas de tri, mais des gros bacs de poubelles disponibles partout.

Le bivouac sauvage est vraiment facile, c’est même culturel dans ce pays, et il y a de la place !

Pour le ravitaillement, aucun problème, les cartes bancaires sont largement acceptées et retrait facile au distributeur. Partout on trouve des échoppes proposant des produits de tous les jours, en plus des marchés et bazars. Tout comme aux Emirats, on retrouve aussi ici le géant Carrefour, mondialisation bonjour !

Les cartes sim pour le téléphone et internet se trouvent facilement, nous avions OmanTel, qui ne passe partout mais ce fut suffisant pour notre usage.

Les animaux du coin :

Notre partie préférée à chaque pays, la faune locale! On aura été gâtés en Oman : gazelles, dromadaires, caméléon à quelques centimètres de nous, les très attendues tortues marines, des dauphins au loin, une belle murène (pour Corentin, d’un peu trop près selon lui), des poissons jaunes qui sautent hors de l’eau (ça surprend la première fois quand ça saute à côté de vous lors de votre baignade!) et des tas d’oiseaux notamment un superbe balbuzard pêcheur, tranquillement installé sur un panneau, en mode « retour de pêche, séchage de plumes ».


Il est un animal emblématique de la péninsule arabique, c’est l’Oryx blanc. Celui-ci est en voie de disparation, il serait possible d’en voir dans une réserve vers la ville de Hymma, nous ne sommes pas allé à sa rencontre mais impossible de ne pas citer ici ce majestueux animal.

Un petit creux en Oman?

Le pays regorge bien sûr d’excellentes dattes et de fruits exotiques tout particulièrement à Salalah. On retrouve ici le riz et les aubergines, qui ont une part importante dans la gastronomie omanaise. En tant que végétariens, nous n’avons pas essayé les viandes, ni testé beaucoup de restaurants. Toutefois ceux que nous avons testé étaient globalement très bons. A Mascate, nos amis nous ont fait découvrir le Oum Ali, un dessert à la base égyptien, a base pâte feuilletée cuite au four dans du lait avec des pistaches et de la cannelle.

Les rencontres :

Les rencontres sont un moment fort du voyage, en Oman ce fut des rencontres de toutes sortes. Les rencontres omanaises, des brèves avec ceux venus nous prêter main forte dans nos galères, ou des voisins de bivouacs sur les plages, et des échanges plus long avec Said et Shiab au wadi Al Arbeieen. Une famille pakistanaise à Salalah nous a ouvert les portes de sa maison et de sa plantation, juste pour que l’on découvre leur environnement. Les militaires surveillant les alentours du palais du Sultan, assez curieux envers notre maison roulante, avant de repartir ils nous ont donné de l’eau. Tous curieux et bienveillants. 😊

Pendant notre découverte de l’Oman nous étions en contact, sur internet, avec une famille de français expatriée à Mascate. Ils nous renseignent beaucoup sur le pays et rendus des services, on décide de se rencontrer lors de notre venue dans la capitale. Pendant que notre camion était dans un container, Catherine, Renan et Raphaël, nous ont ouvert leurs portes et ont été nos hôtes durant plusieurs jours. Nous avons passé un très agréable séjour en leur compagnie, ce fut ressourçant de retrouver une ambiance familiale chaleureuse. Nous avons pu en apprendre davantage sur leurs expériences d’expatriation en Oman et ailleurs dans le monde. On garde un super souvenir de cette rencontre. Merci, merci, merci à eux pour leur gentillesse et leur générosité! On leur souhaite un bon retour en France et au plaisir de s’y revoir! 😊

Ailleurs sur la route, on rencontre pas mal de voyageurs dont la famille Aventuracinq, nos chemins se chevauchent depuis la Turquie, Oman fut le dernier endroit de nos retrouvailles, à partir d’ici nos chemins se sont écartés, ce n’est que partie remise, rdv pris en Bourgogne! La famille de La balise jaune a aussi croisé notre route, enfin nous les rencontrions en vrai après de nombreux échanges sur le net! Et aussi un couple de retraité venant de Savoie, grand habitué des voyages en véhicule aménagé.

Des cyclistes pour qui nous avons de l’admiration, un couple autrichien, un autre hollandais et un français, tous parcourent le monde en selle, en Oman face au vent, à la poussière et à la chaleur, chapeau! On croise aussi des marcheurs et des croisiéristes, venus profiter des wadis le temps de vacances, des français, des suisses et des allemands. Les allemands sont surement ceux que l’on croise le plus depuis notre départ, ils sont partout! 😉

Us et coutumes, vie quotidienne, ressentis en vrac:

Oman est un pays de bédouins, beaucoup se sont sédentarisées mais d’autres vivent toujours dans la tradition nomade. Lors de notre cheminement vers le sud nous avons aperçu des campements de tentes bédouines, difficiles de dire si les habitants sont toujours nomades.
Les omanais sont accueillants, toujours souriants, en revanche le contact s’est toujours fait avec des hommes, jamais avec des femmes.
La société omanaise est imprégnée de la religion musulmane, contrairement à l’Iran, et tout comme aux Émirats, le voile n’est pas obligatoire pour les femmes touristes. Les omanaises se couvrent de la tête au pied et en noir avec une tunique ample, l'abaya, portée sur les vêtement, le hijab -voile- est lui porté pour couvrir les cheveux. Pas de simple foulard coloré posé sur les cheveux comme la majorité des iraniennes le font. L’explication s’explique peut-être par le fait que les omanais sont un peuple arabe à l’inverse des iraniens qui sont des perses, l’assimilation et l'évolution de l’islam ne sont pas les même.

Pour la baignade, en tant que femme il faut ruser, trouver des plages désertes, ou se baigner avec un short et t-shirt, et rester au maximum dans l’eau. Me concernant, je ne me voyais pas lézarder sur ma serviette en bikini si des locaux étaient présents, ce serait surement perçu comme provocateur, ce que je comprends très bien.

Les femmes portent l'abaya et le hijab, les hommes portent une grande tunique aux manches longues, appelée dishdasha le plus souvent blanche ou crème, avec un pompon, sur lequel ils aspergent du parfum. Ce sont des grands consommateurs de parfum, beaucoup de parfum, qui sent fort. Il arrivait souvent que je détecte la présence d’omanais par leur parfum, avant même de les voir!

Ils sont également coiffés d'un genre de keffieh, le mussar. Auparavant le motif, la couleur et le nouage démontaient l’appartenance à une tribu, de nos jours la signification de ces détails tend à disparaître. S'ils ne portent pas de mussaar ils portent le kumma, qui est un couvre chef traditionnel en coton rond et brodé. Cette tenue complète dishdasha+kumma pour les hommes leur donne de l`élégance, on ressent de leur part une certaine fierté de la porter. Est-ce aussi un signe d’appartenance à une catégorie sociale? On se pose la question, nous n’avons jamais vu d’ouvrier la porter, ou alors peut-être qu’ils portent cet habit pour les occasions. Le port du dishdasha c’est classe mais c’est loin d’être viril! 😅

Pendant notre séjour en Oman, nous avons observé une société compartimentée. La moitié de la population en Oman est étrangère, ces personnes venues d’ailleurs travaillent ici car le salaire est plus intéressant que chez eux. Il y a un fossé entre les omanais et ces étrangers, ces derniers sont principalement perçus uniquement comme de la main d’œuvre au service des locaux.

Dans la vie de tous les jours nous avons aussi remarqué un fossé entre les différentes catégories sociales, le client omanais est roi. Les plus aisés possédant un véhicule, stationnent devant une boutique (genre épicerie), klaxonnent généreusement, le commerçant sort, prend la commande, retourne dans le magasin et rapporte la commande à la fenêtre de la voiture du client. Celui-ci paie et repart. Ce côté « tout tombe tout cuit dans ma bouche » de la caste aisée est hallucinant.

Une fois nous étions dans un commerce, nous venions de commander un snack, dehors sur le parking, plusieurs clients attendaient leur commande sans jamais descendre de véhicule, le serveur enchaînait les allers-retours au milieu de coups de klaxons pressés. Nous étions assis devant le commerce, sur les marches, juste devant nous un conducteur dans sa voiture mange son snack tout juste servi. Une fois fini, il ouvre la fenêtre et balance tous les déchets dehors, couverts, gobelets, emballage, vlan par la fenêtre! … le serveur arrive et ramasse, en toute normalité, nous étions choqués! Il y avait bien sur une poubelle à disposition, on dirait que dans la tête de ce conducteur à quoi bon sortir et aller à la poubelle, il a toujours « un larbin » qui ramassera.

Ce manque de considération pour les employés se ressent aussi en tant que client dans les magasins. Par exemple, le service client basique : *sourire-bonjour-merci-au revoir-sourire* est pas fréquent, on a eu le sentiment qu’ils ont tellement l’habitude de ne pas être considéré qu’il n’y avait même plus d`échange avec le client. Ça peut se comprendre.

Dernier point sur lequel nous avons été choqué, la pollution. Surtout sur les plages, bien sur il y a la pollution échouée par la mer, mais il y a aussi celle que les locaux laissent sur la plage après leur pique-nique ou après un weekend camping, les déchets sont laissés dans l’esprit « il y a un larbin qui ramassera ».

Un soir, nous étions en bivouac au bord d’une plage, deux jeunes se garent à proximité et partent faire un jogging. Au retour, ils boivent un coup, s’installent sur les sièges et se rincent les pieds avec une bouteille en plastique. La bouteille se vide, le conducteur jette la bouteille dehors, il y a une poubelle devant leur voiture, il démarre pour repartir. Je sors du camion en courant, me voyant arriver il s’arrête, agréablement surpris, je ramasse la bouteille et lui rend par la fenêtre, je garde mon sang froid et lui signale en anglais que non, la planète n’est pas une poubelle crétin!! Très surpris, se sentant très stupide, il reprend la bouteille roule deux mètres et la jette dans la poubelle. Non mais!! Nous avions ramassé plusieurs sacs de déchets à cet endroit… Ce n’était vraiment pas le moment de nous provoquer.

Nous sommes finalement restés un mois et demi dans ce pays pas prévu au programme, bien entendu on est loin d’avoir tout vu. Cependant, nous avons beaucoup aimé la facilité avec laquelle on peut bivouaquer. La nature est sauvage et brute, un vrai bonheur! Oman a été un bol d’air après les Émirats, la beauté des paysages relativement variés nous a séduit.
Nous avons pu nous installer plusieurs jours au même endroit et juste profiter de la nature, un vrai luxe.
Oman recèle de vraies pépites, les omanais sont fiers de leur culture, ils y tiennent, ils tirent leur épingle du jeu au milieu d’un moyen orient compliqué.

Pour en savoir plus au niveau géopolitique, on vous conseille de regarder la vidéo de l’excellente émission "Le dessous des cartes".

Si vous avez des questions ou remarques, n’hésitez pas à nous en faire part!

A bientôt! 😊




Commentaires

  1. Le dessous des cartes. Oman est très instructif !
    Merci à vous deux de ce beau partager de votre aventure.
    Continuez de nous ébahir en images et en textes, mais surtout, soyez prudent pour la suite.
    Votre voyage me fait rêver :p Un de vos fan, GA

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  2. merci pour ce compte-rendu très approfondi et riche de détails.

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