Road Trip Estonie


L’Estonie marque notre arrivée dans les pays baltes. Nous sommes entrés sur ce territoire vierge de connaissance à son encontre. Nous savions seulement que c’est un pays balte, et ayant fait parti de l’URSS.  On vous l’accorde, c’est très vague! La dénomination « pays balte » tire bien sûr son origine de la mer baltique bordant ces trois pays, Estonie, Lettonie, Lituanie.  Cependant les estoniens, à l’inverse des lettons et des lituaniens ne parlent pas une langue balte, mais une langue finno-ougrienne. Ce qui les rapproche du finnois de la Finlande. L’influence de la Finlande se ressent dans la culture estonienne, notre départ de la Finlande se fit donc en douceur . L’Estonie a par exemple complètement intégré le sauna.

Nous commençons notre découverte à l’arrivée du ferry, à Tallinn. Quelle jolie surprise! Tallinn est une capitale à taille humaine, avec une ambiance animée et douce. La vieille ville est classée au patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco. Elle égrène au gré des points de vue des toits aux tuiles rouges, des flèches d’église, des dômes orthodoxes, des tours et des remparts. L’empreinte médiévale est très présente, et miraculeusement épargnée par les bombardements soviétiques lors de la seconde guerre mondiale, ce qui fait de Tallinn une des villes médiévales le mieux conservé d’Europe. Nous nous sommes limités au centre historique, néanmoins la nouvelle ville avec de beaux buildings se dresse à l’horizon et laisse deviner une atmosphère plus branchée.

  

L’Estonie est un pays résolument moderne avec une Histoire riche. Dès le Moyen Âge, grâce notamment au port de Tallinn, le pays est une composante importante de l’espace culturel européen via le commerce. Le territoire tel qu’on le connait aujourd’hui a été tour à tour colonisé par des allemands, des danois, des suédois, des polonais, des russes et par des minorités venues de l’URSS.  Les influences sont donc très riches! Ce brassage ethnique fait que 70% de la population se considère comme estoniens. De nos jours, la minorité russe est la plus importante, elle représente 25% de la population. L’encouragement à la naturalisation apporte doucement ses fruits, le sentiment d’identité nationale estonienne s’accroit au fil des années, cependant des réticentes subsistent notamment pour la minorité russe.

En une semaine en Estonie, nous avons surtout remarqué deux grandes époques dans l’histoire du pays, à savoir le Moyen-Âge, avec tous ses châteaux et remparts. Comme à Tallinn, mais aussi à Haapsalu, Kuresaare, Viljandi et tant d’autres que nous n’avons pas vu. La deuxième période que l’on distingue bien par son style architectural est le XIXe siècle avec le style Romantique et celui de l’Art Nouveau comme à Haapsalu et Parnu.

Après Tallinn, nous choisissons de longer la côte en partant vers l’Ouest. Nous faisons un arrêt à Keila pour y voir des chutes d’eau. Puis nous quittons la côte pour rentrer dans les terres pour se rendre au village de Amari, là-bas nous trouvons un ancien cimetière de pilotes soviétiques mort pendant la guerre froide. Les dates de décès sont pour la plupart datées de 1990 et 1991, lors de l’indépendance de l’Estonie. C’est comme si c’était arrivé hier. Ce pan de l’histoire du pays est extrêmement frais, les vestiges de la domination soviétique sont prégnants. A la chute de l’URSS, l’Estonie a perdu une très grande partie de son parc industriel, bâti puis démantelé par les soviétique. Le pays s’est redressé par une politique libérale, bien illustrée par le nombre record de start-ups présente sur le territoire. La croissance rapide du pays au sortir du communisme est palpable, le pays est très moderne et dynamique.

 

L’Estonie est aussi riche de grandes plages, comme celles de Peraküla et Metsküla, et de stations balnéaires comme Haapsalu et Parnu. Elles regorgent de villas romantiques en bois. Ces maisons sont colorées, ornées de dentelle en bois, aux contours des portes et fenêtres en blanc et avec de grandes baies vitrées, étaient le lieu de villégiature préféré de l'aristocratie russe du temps de l'empire. Les fronts de mer sont depuis toujours le lieu de promenade privilégié des locaux. Il est raconté que c’est lors d’une promenade au bord de la Baltique à Haapsalu que le compositeur russe Tchaïkovski a entendu une estonienne chanter un air traditionnel, la mélodie de ce chant lui aurait inspiré la 6e symphonie.

   

Nous décidons de quitter le continent pour rejoindre la plus grande île estonienne, celle de Saaremaa, le pays ne compte pas moins de 2000 îles, là encore, grosse découverte! En chemin nous faisons escale à la petite île de Muhu, où nous nous baladons dans l’authentique et bucolique village de Koguva. Point de routes, que des chemins enherbés contournant des murets en pierres sèches lesquels encerclent des chaumières. Un calme absolu, et il n’est alors pas difficile de s’imaginer la vie dans les villages d’antan. Les moulins à vent de Angla, font la fierté de l’île de Saarema. Même si l’Estonie est un pays vraiment plat, le point culminant est à 317m, c’est dire! Nous trouvons la falaise de Panga Küla, où nous surplombons la mer d’une vingtaine de mètres. Nous faisons un crochet pour voir des moulins décorés pour un film en un couple portant des habits traditionnels, plutôt inattendu comme attraction!
Kuuresaare est la modeste capitale de l’île, son château médiéval est impressionnant et témoigne de la volonté du pays de faire vivre son patrimoine, tout comme on a pu le voir à Haapsalu où le château est lui en cours de reconstruction.
L’attraction phare et pas banale de l’île, c’est son cratère à Kaali, survenu il y a 4000 ans à la suite de l’impact d’une météorite de nickel. A son entrée dans l’atmosphère la météorite pesait environ 1000 tonnes, puis elle s’est désagrégée, dont un « bout » de 46 tonnes qui est venu se crasher ici. Résultat : une jolie piscine verte un joli cratère d’un diamètre de 110m et d’une profondeur de 22m.

  
 

On quitte la vie insulaire pour rejoindre le continent, cap au sud, direction la ville de Parnu le long de la mer Baltique. Parnu trouve son attrait dans sa belle et grande plage et ses villas en bois pour la plupart reconverties en hôtel. Nous y serons un jour de grand vent, ça tombe bien, il y un rassemblement de cerfs-volants géants sur la plage 


L’Estonie est un petit pays peu peuplé et dont environ la moitié est recouverte par des forêts. Trouver des bivouacs en pleine nature n’est vraiment pas difficile. Les parcs nationaux sont très bien aménagés pour recevoir campeurs et promeneurs, c’est parfait pour nous! Au parc de Vilsandi au bout de l’île de Saaremaa nous essaierons d’apercevoir des phoques, mais rien ce jour-là! Le parc de Soomaa est connu pour sa "cinquième saison", lors de la fonte des neiges, le parc est inondé, le meilleur moyen d’en profiter c’est en barque 

Nous nous arrêtons dans la petite ville de Viljandi pour y voir ses ruines de château médiéval (encore!) Plus haut au nord nous nous étions arrêtés aux ruines du château de Ungru, triste histoire… Il fut construit sur commande d’un homme fou amoureux d’une princesse allemande mais laquelle refusait de quitter son château adoré. Le bonhomme pas découragé, en fit faire une copie quasi identique en Estonie afin de la convaincre, avant même la fin de l’aménagement intérieur, la princesse restée en Allemagne, décéda. Le commanditaire mourra également peu après…. Le château sans successeur et le désordre mondial arrivant, il fut pillé de ses matériaux, notamment par les soviétiques pour en faire un aérodrome, juste à côté, lui-même abandonné de nos jours…

La bourgade de Viljandi s’avère être une jolie surprise, la vieille ville est petite mais sympa et le parc comportant les ruines offre une belle vue sur la rivière en contrebas. Au cours de notre déambulation nous tombons sur un ancien château d’eau, on s’approche, c’est ouvert une dame nous invite à monter, gratuitement. Au sommet, il y a une exposition de photos et une belle vue sur la ville. De là on aperçoit en bas, dans la rue, un banquet et de l’animation. On décide d’aller y faire un tour en redescendant. Nous remercions la dame gardant l’entrée, nous avons vu en haut que l’entrée est en fait payante. On rejoint ce qui ressemble à une fête de quartier, l’ambiance est chouette, il y a des musiciens et des chants traditionnels, il semblerait que chacun apporte son repas et partage une grande tablée. Un peu plus loin un stand vend des plats sentant bons, et sur une table des cupcakes sont mis à disposition. On n’ose pas trop se servir, puis en voyant les autres faire, on se sert, et ils étaient très bons! Nous sommes restés un petit moment à profiter de cette ambiance conviviale de fin d’été.

  

Nous reprenons la route dans la foulée pour Tartu. Tartu, c’est LA ville intellectuelle et culturelle du pays. Elle abrite une des plus anciennes universités des pays baltes. On ressent que cette ville est vivante et jeune, tout comme le reste du pays elle a subi de nombreuses invasions de la part de ses voisins, et le cœur historique est en rénovation depuis l’indépendance de 1991. Sa devise est « Heade motete linn » = ville des bonnes idées. Au XIXe siècle, sous l’emprise de l’empire russe, de nombreux partis politiques de contestations se sont formés ici, et également la première Société des Femmes d’Estonie, intellectuelles et politisées, défendant leurs droits et idées.
Nous repartirons de l’Estonie après une nuit au bord d’un petit lac comportant une petite plage, et un énième stop pour voir un château sur notre route, celui de Sangaste.

 

C’est avec un peu de gêne que nous reconnaissons qu’au départ nous catégorisions d’emblée les pays baltes comme "les pays de l’Est". C’est-à-dire avec une image faussée qui perdure et reste dans l’imaginaire collectif. Nous sommes très contents de découvrir la vraie facette des pays baltes et leurs identités à part entière!

Commentaires

  1. Merci pour l'article, il est top. On va s'en inspirer pour découvrir à notre tour l'Estonie après la Finlande. On se croisera peut être sur la route dans les prochains mois. Bonne continuation. Laure et Sylvain.

    Ps: On vous laisse notre blog si jamais vous vous allez y faire un tour. http://tempsquelaroute.blogspot.com/?m=1

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    Réponses
    1. Salut vous deux!
      Merci pour le compliment c'est gentil!
      Ça serait cool de se croiser n'hésitez pas!
      On vient d'arriver en Turquie... On quitte l'Europe nous par contre 👍
      J'ai jeté un œil à votre blog c'est drôle on a utilisé le même thème 😅
      Avez vous une page Facebook pour vous suivre?

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